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Fictions

Courts métrages

Pour prolonger la rencontre avec le cinéma d'Haïti, au-delà de ces quelques longs métrages, une séance "découverte" pourrait proposer une sélection de productions courtes parmi lesquelles :

Anita de Rassoul Mabuchin (fiction - 1981 - 45')

Un film courageux, considéré comme l’un des films qui a ouvert la voie au cinéma haïtien. Un regard sans complaisance sur ceux que l'on appelle en Haïti les restavec (les enfants domestiques). Anita est une jeune fille de la campagne haïtienne. Par manque de moyen, elle doit quitter sa famille pour aller travailler chez une famille riche de Port-au-Prince. Le premier film qui présente concrètement le problème des enfants confrontés à l'esclavage domestique.

L'auteur :
Rassoul Labuchin (de son vrai nom Yves Médard) est né à Port-au-Prince en 1939. C'est un indomptable fils de Rabelais. Un bohème, un artiste, un militant syndicaliste au passé tumultueux et généreux. Il est l'auteur du livret du premier opéra créole, professeur de français, mais aussi comédien, auteur de pièces de théâtre, metteur en scène, adepte du théâtre populaire, compagnon de lutte du romancier Jacques Stephen Alexis (assassiné par les tontons macoutes en 1961), emprisonné et torturé sous François Duvalier mais aussi après la prise de pouvoir du général Prosper Avril (1988). À l’époque, la jeune actrice Sophie Marceau auprès de qui il venait de jouer dans Descente aux enfers, signe une pétition pour réclamer sa libération. Il fut également Maire de Port-au-Prince sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide. Une expérience qui se termina dans le chaos précédant l’exil du président. Un de ses anciens complices de Anita, Hans Fels, d’origine néerlandaise, a réalisé à cette occasion un documentaire intitulé : Mon Ami le Maire.

Âme noire / Black Soul de Martine Chartrand (animation - 2000 - 9')

Un récit que transmet une vieille dame à son petit-fils. Le film fait défiler sous nos yeux une succession de tableaux peints directement sous la caméra. L'enfant marche sur les traces de ses ancêtres pharaons ; il entend, sous le baobab, le griot chanter les exploits des rois. Puis, à l'appel des percussions annonçant le commerce triangulaire de l'esclavage, il vogue d'exil en exil, des Antilles aux neiges des Amériques. Sur les chemins du temps, le garçon côtoie au Canada des esclaves et des fugitifs. Il connaît les luttes pour la liberté et les contributions historiques des communautés noires. Dans ce tourbillon de lumière et de couleurs, la grand-mère lui lègue le grand rêve de Martin Luther King : l’espoir que tous les êtres humains vivent la liberté, l'égalité dans la fraternité.

L'auteur :
Martine Chartrand est née et vit à Montréal depuis toujours. Peintre et illustratrice, elle a créé de nombreuses affiches de cinéma. Elle réalise un premier court métrage d'animation en 1992, Tango et s'envole avec une bourse pour Moscou. Elle y étudie avec Alexandre Petrov, brillant cinéaste d'animation russe, les techniques d'animation à partir de peinture sur verre. Âme noire réalisé à partir de cette technique a obtenu de nombreux prix dont l'Ours d'or du meilleur court métrage à Berlin en 2001. Un film poétique sur la mémoire. Cette suite d'évocations prend forme par le métissage des rythmes vibrants des danseurs Boütz, de la musique africaine envoûtante de Lilison T.S. Cordeiro, de la magnifique voix de Ranee Lee entourée de chanteurs gospels et des compositions musicales du maître de jazz montréalais, Oliver Jones. Une plongée au cœur de la culture noire, un bref mais exaltant voyage à travers les lieux qui ont marqué l'Histoire de ces peuples.

Vidéo:

L'Évangile du cochon créole de Michelange Quay (fiction - 2004 - 19')

Le cochon créole est un cochon noir, celui du culte vaudou ; le cochon américain est, lui, un cochon rose qu'on veut importer à Haïti. Une histoire d'esclavage, de liberté d'hier et d'aujourd'hui dans les bidonvilles de Port-au-Prince. "Je suis le cochon créole. Je suis qui je suis. Je suis le porc de vos ancêtres. Il n’y a aucun porc sauf moi, ce porc créole, noir, apocalyptique, porc du nouveau monde dont le sang a lavé les esclaves de leur péché, dont la chair est ta chair, jusqu’à la fin des temps."

L'auteur :
Michelange Quay est un réalisateur brillant de la nouvelle génération, à suivre de très près. Né à New York en 1974, cinéaste et anthropologue, il a été en 2002 lauréat de la Cinéfondation du Festival de Cannes où il a présenté en 2004 le court métrage que nous vous proposons de découvrir. Un film qui a obtenu de nombreux prix, dont celui du meilleur court métrage aux festivals de Locarno, Stockholm, Milan, Rio de Janeiro, Sao Paulo et au Festival de Tokyo Con Can film. Son premier long métrage Mange ceci est mon corps est sorti en 2004.

Les premiers films des cinéastes de demain formés au "CINÉ INSTITUTE" (divers - 2008/2009 )

Basé à Jacmel, sur la côte sud d'Haïti, le projet "Ciné Institute" a commencé en 2004 avec le Festival Film Jakmèl. Pendant trois années, ce festival a donné la possibilité à des milliers d'Haïtiens de découvrir des centaines de films, images des cultures d'ailleurs. Convaincus que "faire des films" peut aussi, comme en Inde (Bollywood) ou au Nigéria (Nollywood), générer d'importantes ressources et ainsi contribuer à réduire la pauvreté, les fondateurs du « Ciné Institute » veulent former de jeunes haïtiens à l'écriture cinématographique, produire des films et créer de nouveaux débouchés.

Aujourd'hui, avec le soutien de nombreux cinéastes, CINÉ LEKÒL cherche à former des cinéastes en herbe, CINÉ SERVICES est un centre de production générateur de revenus pour les étudiants et jeunes professionnels, CINÉ KlAS travaille à éduquer le public à la lecture des images et CINÉ KLUB continue de proposer au public haïtien des voyages à la découverte des cinémas du monde.

Nous vous proposons de découvrir quelques courts métrages réalisés par les élèves du « Ciné Institute ». À choisir parmi les productions 2009 :

  • L'École de Cinéma d'Haïti de Stéphanie Wang, (7mn) ;
  • Tanbou Marye de Keziah Jean, (11mn) ;
  • Lavi Dwòl de Claudel Chery, (12mn) ;
  • Chimen Glise de Norbert Alix, (12mn) ;
  • Miss Body Plastik de Ebby Louis Angel, (19mn) ;
  • Publicité Malta H, (30sec).

Vidéo (Lavi Dwòl):